Les coopératives : un modèle moteur de l'agriculture du futur

Les coopératives : un modèle moteur de l’agriculture du futur

 

Loin d’être un concept dépassé, les coopératives agricoles sont un élément essentiel de l’industrie agroalimentaire française. Le modèle a d’ailleurs fait ses preuves comme moteur d’innovation et de performance dans le monde entier.

Les coopératives agricoles ont été créées par les Français au XIIIe siècle et adaptées aux conditions modernes dans toute l’Europe d’après-guerre. Au XIXe siècle, l’industrialisation et les transformations sociales ont menacé les petits agriculteurs. La constitution de coopératives leur a permis de mettre leurs ressources en commun pour acheter des équipements, des fournitures ou d’autres ressources auxquelles ils ne pouvaient pas accéder seuls. Aujourd’hui encore, les coopératives sont des structures innovantes et parfaitement adaptées, qui permettent à des milliers de petits producteurs du monde entier de suivre le rythme du marché agroalimentaire.

La France est le leader européen du modèle coopératif

« Les coopératives agricoles françaises réalisent plus de 85,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires (filiales comprises) chaque année, ce qui représente 40 % des recettes agroalimentaires françaises. »

Les trois quarts des agriculteurs français appartiennent au moins à une coopérative, représentant plus de 190 000 salariés (filiales comprises) répartis dans quelque 2 300 entreprises. Les coopératives agricoles existent dans toutes les régions du pays. Elles sont présentes dans tous les secteurs de la filière agricole, qu’elles soient des micro-entreprises ou des organisations qui réalisent chaque année des millions d’euros grâce à l’exportation. Au total, les coopératives agricoles françaises réalisent plus de 85,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires (filiales comprises) chaque année. 

La principale différence entre une coopérative et une entreprise détenue par des investisseurs est la suivante : là où ces entreprises cherchent à maximiser les bénéfices pour les actionnaires, les coopératives, elles, ont pour principe de base de ne pas faire de profit, afin de maximiser les bénéfices – financiers et autres – pour leurs membres.

Le principe le plus important de ce modèle, c’est que chacun de ses membres conserve la propriété de son exploitation. C’est grâce à ce principe que le modèle coopératif garantit une bien plus grande diversité alimentaire que les grandes sociétés d’agriculture industrielle, qui leur font concurrence dans le monde entier.

C’est cette diversité qui rend l’agriculture française moins vulnérable aux changements climatiques ravageurs, tout en lui permettant de répondre aux besoins de marchés plus exigeants dans le monde entier.

En unissant les forces de nombreux petits producteurs, les coopératives se positionnent de manière stratégique pour soutenir économiquement l’implantation de procédés et de produits innovants.

La France, berceau du concept de coopérative agricole, abrite donc naturellement un grand nombre de jeunes entreprises et de leaders établis du secteur, qui ouvrent la voie aux coopératives du XXIe siècle. En voici quelques exemples :

– La coopérative Tutiac s’est engagée à ce que tous ses produits ne contiennent aucun résidu de pesticide et est devenue le premier producteur de vin AOC à avoir éliminé toutes les substances cancérigènes de l’intégralité de sa chaîne d’approvisionnement.

– Le producteur de céréales Axéréal offre à ses membres des bonus pour les inciter à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et l’empreinte carbone de leur production de graines, de tournesol et de colza.

– Isigny Ste Mère ouvre un laboratoire d’analyse de lait en poudre dans quelques mois. Autre bonne nouvelle, l’augmentation de 10% de leur chiffre d’affaires, après une année record de production laitière.

– Cristal union, la coopérative d’alcool, de biocarburants et de sucre, mène le combat de la réduction de l’empreinte carbone de ses produits depuis plus de dix ans. Elle s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35 % supplémentaires au cours des neuf prochaines années en ayant davantage recours à l’énergie solaire, aux chaudières biomasse et aux systèmes de récupération du C02.

– Euroden (née de la fusion d’Aucy et de Triskalia) vient de réunir plus d’un demi-milliard d’euros pour financer ses efforts de transition écologique et de durabilité, comme l’augmentation de ses cultures fourragères et l’installations d’élevages de poules en plein air.

– Evel’Up a consacré plus de 20 millions d’euros à la restauration de ses exploitations agricoles afin qu’elles soient plus durables sur le plan écologique, et a créé un tout nouveau département de recherche et développement pour devenir le chef de file du changement sociétal positif.

C’est la capacité de la coopérative à soutenir et à incuber des producteurs agricoles indépendants qui a conduit à l’incroyable diversité des produits alimentaires français, ainsi qu’à la domination de la France sur le marché des produits agro-alimentaire artisanaux haut de gamme.

Le ministère de l’Agriculture compte quelque 3 500 organisations individuelles de producteurs de fromage en France, chacune offrant un produit unique sur le marché intérieur et à l’exportation. Mais cet exemple ne s’arrête pas aux fromages. Toutes les coopératives agricoles françaises sont spécialisées dans un type de produit, et chaque producteur individuel a sa propre vision de ce que demandent ses consommateurs. C’est ce qui explique l’incroyable diversité et la qualité des exportations alimentaires de la France, ainsi que sa forte position sur les marchés mondiaux des aliments biologiques, éthiques et durables.

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